Pierre Mertens, Le siècle pour mémoire

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Photo © Francis Jacoby

Biographie

Parution le 4 octobre 2018 aux Editions Impressions Nouvelles.

Une enquête au bout de la littérature de notre temps.

Né en 1939, Pierre Mertens est un des écrivains majeurs de la Francophonie et de la littérature française. Par l’ampleur de son œuvre couronnée de nombreux prix, dont le Médicis en 1987 pour Les Éblouissements, et plusieurs fois nobélisable, il est sans doute le plus grand écrivain belge vivant.
Mais il est avant tout un témoin de son temps. Comme observateur judiciaire international et défenseur des droits de l’Homme, il a été sur la plupart des fronts de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle : Europe de l’Est, Amérique latine, Moyen-Orient.
Pierre Mertens, Le Siècle pour mémoire raconte sa vie privée et publique et se lit comme un roman à rebondissements, depuis l’engagement de ses parents dans la Résistance jusqu’à ses procès avec la famille royale belge et avec le leader politique flamand Bart De Wever. Antisémitisme, islamisme, féminisme, rien de ce qui importe sur la scène historique européenne et mondiale n’échappe à son attention ni à sa verve.
Fondée sur sept ans de recherches, ainsi que d’entretiens avec Pierre Mertens et près de quatre-vingt témoins, cette biographie entrelace constamment l’Histoire extérieure et l’histoire personnelle de l’écrivain. Le portrait sensible mais sans concession que trace Jean-Pierre Orban fait la lumière sur des épisodes étonnants de la vie de Pierre Mertens et pose des questions essentielles sur les limites éthiques de la littérature : jusqu’où peut-on aller quand on crée ? Quel impact la construction d’une œuvre et d’une vie a-t-elle sur le créateur lui-même, sur ses proches et ses personnages vivants ? Une enquête au bout de la littérature de notre temps...

544 pages + cahier iconographique de 16 pages, 24 euros. En librairie le 4 octobre 2018 (ISBN 978-2-87449-630-1).

 

Une version étendue paraît simultanément sous forme numérique aux Impressions nouvelles sous le titre « Pierre Mertens et le ruban de Möbius » (ISBN 978-2-87449-631-8).

 

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Voir aussi

J.-P. Orban, « Notes sur le traître comme figure du biographe, du généticien et… de l’écrivain » dans Question de l’intime, Génétique et biographie, dir. Daniel Delas, Presses universitaires de Limoges, 2018: http://www.pulim.unilim.fr/index.php/notre-catalogue/fiche-detaillee?task=view&id=909 

 

J.-P Orban, « Pierre Mertens, genèse d’un écrivain. D’un tortillard de banlieue au pigeonnier de Jean Cayrol », 2018 http://journals.openedition.org/coma/1165

 

LA PRESSE / LES REACTIONS

 

Le Soir 6/10/2018, double page

« Un des événements de la rentrée littéraire »

 

Blog de Jean Jauniaux, écrivain, président du PEN Club Belgique: « une biographie littéraire magistrale »

https://espacelivresedmondmorrel.blogspot.com/2018/10/pierre-mertens-raconte-par-lecrivain.html?fbclid=IwAR3ZJDKBLxvMnt2WPKt8uVSbhoGaIKpTYwQgss-J7VJ1WFHZahW0B1_rxdw

 

Jacques de Decker, Secrétaire de l’Académie de langue et de littérature françaises de Belgique:

 » Je voudrais dire d’emblée que ce livre est un formidable livre. Et je le dis ici à son auteur. J’ai beaucoup lu de biographies, j’en ai écrit moi-même… Mais il faut se dire qu’écrire une biographie…c’est impossible. Celle que Jean-Pierre Orban consacre à Pierre Mertens est une étape dans la vie de ce dernier. La biographie est toujours une espèce de pari. Il y a des auteurs qui sont des biographes professionnels, notamment des anglo-américains. Certains ont été des écrivains plus qu’honorables et de bons biographes, je pense à Henri Troyat, dans un style très classique. Dans le cas de Jean-Pierre Orban, nous avons affaire à un biographe qui n’oublie pas qu’il est écrivain. Il a à son actif au moins deux romans qui sont de très beaux romans: « Véra » (qui a eu le Prix européen du roman en 2014) et « Toutes les îles et l’océan » (Mercure de France, 2018). Dans le cas de la biographie de Pierre Mertens, Orban se trouve confronté à une sorte de monstre, loin de l’auteur flatté d’être l’objet d’une biographie. D’ailleurs il aurait pu l’écrire lui-même. Or si on lit attentivement son oeuvre,  on s’aperçoit que son oeuvre littéraire est biographique, et j’irais jusqu’à dire autobiographique. A partir de  là, le travail du biographe consiste à séparer le bon grain de l’ivraie. Je me suis souvent demandé pour quelles raisons ce sont souvent les écrivains qui engendrent le plus de biographies… qu’on écrive la biographie d’un astronaute est parfaitement respectable et justifié. Il n’aura d’ailleurs jamais lui-même la tentation d’écrire son autobiographie…ou alors tout au plus des souvenirs. Et pourtant, on écrit beaucoup de biographies d’écrivains. Pourquoi? Parce qu’on les soupçonne tous! Nous nous trouvons dans l’ère du soupçon généralisé. Nous savons très bien que la formule clé de la littérature a été dite par Aragon, le mentir-vrai… Ce qui est stimulant c’est de savoir comment on sépare les deux éléments de cette formule. Pour y arriver, il faut en plus de beaucoup de travail, de sérieux, d’intelligence, et de patience, il faut un don de double-vue. Et c’est ce qui rend vibrant le livre de Jean-Pierre Orban: ce supplément de vue. J’aimerais ici évoquer la figure de Malraux. Un personnage héroïque…dont je relis la biographie par Olivier Todd. On ne peut pas dire cela de Pierre Mertens! Il n’a jamais pris les commandes d’un avion, prétendu avoir dirigé une escadrille pendant la guerre d’Espagne, ni avoir dépouillé des temples en Extrême-Orient… Il n’y a rien d’épique dans sa vie, hormis bien sûr les missions juridiques menées sous l’égide d’organisations internationale… A cet égard, un des textes les plus extraordinaires de Mertens est un texte qu’il n’aurait pas écrit s’il n’était l’expert en droit international quel est: L’ami de mon ami. C’est un texte d’une puissance philosophique inimaginable sur le fonctionnement du mal. Il y a donc des expériences concrètes, mais qui n’ont pas l’aspect spectaculaire de celles vécues et relatées par Malraux. Dans ces biographies, il suffit de suivre l’histoire… Dans le cas du « Siècle pour mémoire », on sait qu’on ne pourra tout dire, mais ce qu’on dira passera par une forme d’intuition et par la profonde compréhension tacite entre l’écrivain et son lecteur. Il s’agit donc bien d’une biographie d’écrivain par un écrivain. Et par un écrivain qui n’oublie pas qu’il est écrivain. Dans le cas de mes biographies consacrées à Ibsen ou Wagner, je considère qu’il s’agit d’un travail d’essayiste ou de journaliste. Ici, en revanche, nous ne sommes pas dans le journalisme. A cet égard, on aurait pu craindre que les chapitres consacrés aux « affaires » Bart de Wever et « Une paix royale » n’intéressent pas le public non-belge. Eh bien, tel n’est pas le cas. La manière dont Jean-Pierre Orban traite ces deux affaires, les rendent accessibles au niveau universel. On s’aperçoit aussi que la Belgique est encore une monarchie. n s’aperçoit aussi que la division culturelle de la Belgique a quelque chose de véritablement dramatique, qui peuvent revêtir une dimension philosophique très grande. Tout ceci donne à cette biographie de Pierre Mertens, une richesse et un intérêt réel pour tous les lecteurs. »
Jacques De Decker , extrait de l’enregistrement d’une rencontre littéraire avec Pierre Mertens, Jean-Pierre Orban et Monique Toussaint, le 9 octobre 2018)
Catégorie
ECRITURES, biographie